L’histoire se déroule dans l’entrée d’une station de métro de Washington, au moment où les gens s’apprêtent à se rendre au travail, un bon matin de janvier. Un jeune homme s’installe avec son violon et pendant 45 minutes, il joue des pièces de Bach.
Plus de 1000 personnes marchent sans ralentir le pas, sans le regarder. À un moment, une dame s’arrête et prend le temps d’écouter. Autour d’elle, on peut compter sur les doigts d’une main le nombre de personnes qui laissent la beauté de cette musique remplir leur cœur.
Au total, le jeune homme récoltera 32$, dont 20$ donnés par la seule dame qui vient lui parler. Elle l’a reconnu, l’unique personne à reconnaître Joshua Bell, un des grands violonistes américains de notre époque, venu jouer sur son Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars. Quelques jours plus tôt, il avait joué dans une salle à guichet fermé pour des spectateurs qui avaient déboursé 100$ par billet.
Cette histoire a réellement eu lieu, dans le cadre d’une expérience dirigée par le Washington Post. Le journaliste a même eu le Prix Pullitzer 2008 pour son article. Sa conclusion : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l'apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? »
Lorsque j’ai entendu parler de cette expérience, il y a quelque temps déjà, j’ai été intriguée et même quelque peu troublée. Me serais-je arrêtée? Aurais-je ouvert grand les oreilles et apprécié, même si j’avais continué ma route?
Nous vivons dans un monde qui roule parfois trop rapidement. Pour 2012, je nous souhaite d’arriver à apprécier les petits bonheurs et les beautés du monde qui saupoudrent notre vie, peu importe le temps de la journée et les tracas qui tricotent notre quotidien.
Bonne et heureuse année!
Source: Washington Post 2007




