mardi 20 mars 2012

De la poésie en classe avec Guy Marchamps


Dimanche dernier, j’ai assisté au lancement du nouveau recueil de poésie pour enfants «Le chien-hélicoptère et autres poèmes» (Soulières éditeur) de Guy Marchamps, poète, auteur et libraire de chez nous. 

En écoutant Guy Marchamps réciter ses courts poèmes tendres et ludiques, je me suis posé la question suivante : «Pourquoi est-ce que je n’en lis pas plus souvent à mes élèves?» Après tout, je possède plusieurs livres de poésie de la collection «Ma petite vache a mal aux pattes» dans ma bibliothèque. Je n’ai pas trouvé la réponse, mais je me suis promis de remédier à la situation… et ça commence cette semaine. Le hasard faisant bien les choses, le 21 mars est la Journée mondiale de la Poésie. 

«Le chien-hélicoptère et autres poèmes» contient une quarantaine de courts poèmes comportant trois grands thèmes : les animaux, la musique et la vie. Les illustrations de Marie-Claude Favreau conviennent parfaitement au style de Guy Marchamps : elles sont sensibles, amusantes et feront sourire les enfants à coup sûr. 

Guy Marchamps joue avec les mots pour notre plus grand plaisir. D’ailleurs, en parcourant le recueil, j’ai eu quelques idées pour exploiter ses poèmes. 

* Création de poèmes sur le thème des animaux ou de la musique. 

* Création d’affiches en s’inspirant d’un des poèmes

* Inventer des mots-valises : Dans plusieurs de ses poèmes, Guy Marchamps s’amuse à coller deux mots ensemble pour en former un nouveau : serpentalon, flamandoline, hippopotamtam, lézarmonica. Pourquoi ne pas faire de même? Les élèves pourraient inventer un nouvel animal en associant leur animal choisi à un objet ou à un instrument de musique, écrire une phrase rigolote avec, comme sujet, leur animal inventé, et l’illustrer. 

* Faire un concours de poèmes en utilisant des homophones et en s’inspirant du poème «Ver vers vert». 

* Dans son poème Éléphanterie, l’auteur explique la création des montagnes (ce sont des éléphants qui sont tombés du ciel). Pourquoi ne pas expliquer la création d’un phénomène naturel en quelques phrases de façon complètement loufoque? 

* Faire découvrir la musique classique à ses élèves. Tous les jours, l’enseignant pourrait présenter une pièce musicale à ses élèves, après la récréation, par exemple. Dans le poème «Triste truite», on y parle de la truite de Schubert et du Lac des cygnes. Il serait bien de permettre aux enfants de faire eux même le lien entre le poème et les pièces de Schubert et de Tchaïkovsky. 

* « Les deux amies » est une nouvelle version de la fable de La Fontaine «La cigale et la fourmi». Dans cette adaptation, la fourmi s’est fait voler ses denrées et va demander de l’aide à la cigale, qui est à l’hôpital… mais je ne vous dis pas pour quelle raison elle s'y trouve! Pourquoi ne pas comparer la fable de La Fontaine et son adaptation? 

Si vous ne connaissez pas encore les recueils de poésie publiés chez Soulières éditeur, je vous suggère de visiter le site Internet de la maison d’édition. Deux poètes y publient régulièrement : Guy Marchamps et Édith Bouget. 

Aussi, pour célébrer le 100e livre de la collection «Ma petite vache a mal aux pattes», Soulières éditeur a publié «Oh! la vache!», un recueil de poèmes inspirés des 100 vaches illustrées par Caroline Merola, qu’on retrouve sur la quatrième de couverture des 100 premiers romans de la collection. Quatre auteurs (Edith Bourget, Alain M. Bergeron, Guy Marchamps et Colombe Labonté) ont contribué à ce recueil qui est, ma foi, vachement amusant! Meuh oui, si je vous le dis!





En passant, Guy Marchamps sera présent à une table ronde sur la littérature jeunesse ce dimanche, 25 mars dès 11h30 à la librairie Clément Morin. Les auteurs Pierre Labrie, Nadine Descheneaux, Nancy Montour et moi y serons également. 

mardi 13 mars 2012

Connaissez-vous Emily Gravett?

Je suis fascinée par le travail des illustrateurs.
Éblouie par leur talent créatif.
Quelques coups de crayons et ils arrivent à nous émouvoir, nous faire sourire, nous transporter dans un autre monde.


Lors d'une formation sur le Continuum en lecture, j'ai découvert les livres d'Emily Gravett, une auteure et illustratrice britannique. J'ai emprunté Drôle d'oeuf aux conseillères pédagogiques de ma commission scolaire. J'ai un plaisir fou à me le faire lire par mes élèves pendant les ateliers: entendre leurs réactions, les étonnements lorsqu'ils découvrent ce qui se cache dans l'oeuf. 



Si vous êtes aussi curieux que moi et que vous voulez voir comment elle illustre un livre, j'ai trouvé cette vidéo.



mercredi 29 février 2012

Venez rencontrer Cordélia (et son auteure)!


Ça y est!
Il est enfin en librairie! Yé! 
Mon deuxième livre à être publié, mais techniquement le premier que j'ai écrit (et complété).
Les technophiles peuvent même se le procurer en format numérique. Double yé! 

Illustré par Céline Malépart, Cordélia et la montagne mystérieuse s'adresse aux enfants de 6 à 10 ans.

Je me suis amusée à inclure des clins d'yeux à deux de mes livres préférés. Un indice pour l'un d'entre eux:  Je m'en suis inspiré pour trouver le prénom de mon personnage principal. Sans avoir lu mon livre, saurez-vous deviner de quel roman il s'agit?

En vrac...

Le dimanche 25 mars dès 11h30, à la librairie Clément Morin, je participerai à une table ronde animée par Patricia Powers sur le thème «écrire pour la jeunesse» en compagnie des auteurs Guy Marchands, Nancy Montour, Nadine Descheneaux et Pierre Labrie.

Je serai au Salon du livre de Trois-Rivières, qui aura lieu les 29-30-31 mars et le 1er avril. Si vous me voyez déambuler le dimanche, faites attention à vous: j'aurai mes provisions de poissons en papier!

Au plaisir de vous rencontrer!


Photo: Photolibre.fr

dimanche 12 février 2012

Des petits rats très sympathiques... et romantiques!

« Juliette, la rate à lunettes, est prête à tout pour épouser son Roméo. Mais les parents de son amoureux ne l’entendent pas de cette oreille ! Un grand classique réinventé… pour rire et pour rêver ! »


Nombreux sont les albums pouvant être animés à la Saint-Valentin. En fait, la plupart des séries de livres (Splat, Benjamin, Clifford, Galette…) finissent par exploiter ce thème universel qu’est l’amour.

Malgré les nouveautés que je fais découvrir à mes élèves, il y en a deux qui demeurent toujours, année après année, parmi nos albums favoris : Roméo le rat romantique et Juliette la rate romantique (deux histoires disponibles séparément ou ensemble). 

Les enfants, avec les illustrations cocasses et aux nombreux détails, se sentent en terrain connu : « Ça ressemble à Toupie et Binou!» Ils ont raison, l’illustratrice de ces albums savoureux est Dominique Jolin, la créatrice de Toupie et Binou. Lorsque les enfants ne font pas le lien, je leur demande de bien observer la page couverture : « Regarde les yeux ronds, blancs, avec un point au centre. Regarde la bouche, comme une vague. Est-ce que ça te rappelle quelque chose? » Il y a toujours quelques élèves (souvent plusieurs, même!) qui associent ce personnage à celui qu'ils connaissent bien.

Dans ma classe de 1re année, j’ai lu « Juliette la rate romantique » à mes élèves. Nous avons remarqué qu’à de nombreux endroits dans le texte, il est question de petits mots doux entre nos deux tourtereaux (rats!).


— Roméo ? murmure-t-elle.
— Oui, ma Juliette en sucre doré ?
— Voudrais-tu me pousser ?
— Te pousser ? s’exclame Roméo. Mais je ne veux pas te faire mal, voyons.


 Après la lecture de l’album, nous avons fait une causerie sur les petits mots doux : ceux de leurs parents entre eux et la façon dont les parents les nomment.  Nous avons remarqué que ceux qui nous font le plus rire (dans le livre et d’après leurs réponses) sont ceux qui riment. Ainsi, nous avons inventé des mots doux et nous nous sommes amusés avec les rimes.

Cette semaine, dans un des centres de littératie, les élèves doivent inventer des petits mots doux pour Roméo ou Juliette. Ils doivent d’abord écrire une phrase dans leur cahier (ex : Tu es mon petit rat en chocolat. Tu es ma jolie Juliette en trottinette.) Je n'exige pas qu'elle ait des rimes, mais plusieurs le font, par choix. Puis, lorsque je les aurai aidés à corriger leur phrase, ils devront faire une affiche semblable à la page couverture de Juliette ou Roméo en recopiant leur message dans un phylactère* (que j’ai créé avec des trottoirs à l’intérieur). Lorsque tout le monde aura terminé, chacun lira sa phrase au groupe et on assemblera les pages dans un duo-tang qui sera disponible dans le coin lecture (ou à la bibliothèque de l'école).

Cette petite activité d’écriture simple mais amusante peut être également faite à un autre moment de l’année  en s'inspirant d’un autre album du duo Carole Tremblay/Dominique Jolin : « Marie-Baba et les 40 rameurs ». Dans cet album, les mots doux sont partagés entre la petite Marie-Baba et son papa pirate.


*phylactère : bulle de bande dessinée

Juliette la rate romantique
Auteure: Carole Tremblay
Illustratrice: Dominique Jolin
Éditeur: Dominique et compagnie

mercredi 8 février 2012

Il est arrivé...

Ce matin, en quittant la maison pour l'école, j'ai eu l'heureuse surprise de trouver une boîte en carton suspendue par un élastique à ma boîte aux lettres. Avant même de voir le logo Bayard, je savais ce que j'y trouverais: mes exemplaires de mon nouveau mini-roman «Cordélia et la montagne mystérieuse».


J'ai attendu d'être en classe pour l'ouvrir. En fait, j'ai même attendu que mes élèves entrent en classe pour découvrir le contenu. J'ai invité la classe voisine, les élèves de 2e année. Tout le monde s'est assis par terre, je leur ai partagé ma joie et j'ai demandé à une élève de couper le ruban adhésif des extrémités de la boîte. Lorsque j'ai sorti mon livre, tout le monde était attentif. On a regardé la page couverture, on a observé le titre, le personnage et ses expressions faciale et corporelle. Ensuite, je les ai questionnés au sujet de la montagne. «Selon vous, qu'y a-t-il derrière cette montagne?» Puis je leur ai lu le résumé de la 4e de couverture (C4).

Crédit photo: Flavie, 6 ans

Avant de vous donner leurs idées originales (et les idées de mon ancienne classe, qui s'est prêtée au jeu plus tôt dans l'année), je vous pose la question: «Qu'y a-t-il derrière cette montagne mystérieuse?» (Andrée-Anne et ceux qui le savent: «Chuuut!») ;-)



Comme dirait mon amie Katia: «C'est un moment chocolat!»
«Cordélia et la montagne mystérieuse» sera très bientôt en librairie. À suivre... 

dimanche 5 février 2012

Un nouveau départ...


J'ai été silencieuse, ces derniers temps. C'est que nous en sommes déjà au nombril de l'année scolaire! Et que j'ai changé de contrat, d'école, de collègues, d'élèves. Un changement à la fois épuisant émotionnellement et vivifiant. Épuisant parce que je suis attachée à ce groupe. Vivifiant parce que ces nouveaux défis m'allument.

Je me souviens de la première journée de l'année scolaire. Tout comme tous mes collègues, j'étais déguisée en pirate, en lien avec notre thème de l'année: Ramons le coeur en action! Quelques secondes après qu'on m'ait présentée, j'avais devant moi mes 20 élèves. Vingt frimousses curieuses, un peu timides et nerveuses, mais heureuses d'apprendre enfin à lire et à écrire. Quelques jours plus tard, il y avait la rencontre des parents. J'essayais de parler plus vite que mon ombre, de tout dire ce que j'avais à dire, car nous étions attendus pour une réunion. À un moment, j'ai même perdu la voix, devant tous ces parents qui m'observaient de la tête aux pieds. Tu parles d'une première impression! :-)

Puis les mois ont filé. Tous les jours, ces élèves au regard allumé et à la soif d'apprendre m'ont épatée. Au fil des semaines, je les ai guidés dans leurs apprentissages en essayant de toujours garder en tête leurs intérêts. Chaque mois, nous avions un nouveau thème: les pirates (septembre), les sorcières (octobre), les monstres (novembre), Noël (décembre) et les pays (janvier).


J'appréhendais les derniers jours, les adieux. Finalement, notre dernier après-midi ensemble a passé vite et nous avons fait ce que nous aimions faire ensemble. Les élèves m'ont demandé d'écouter une chanson et de faire un jeu qu'on faisait au début de l'année sur le TBI (avec leurs noms et les photos que j'avais prises d'eux en pirates). Quand la cloche a sonné, mes petits cocos se sont tous approchés pour venir me donner un câlin... qui a fini en câlin de groupe. Je suis restée dans le corridor et j'ai eu droit à des derniers sourires troués, accompagnés de "Je t'aime, madame Julie!" Une journée chargée d'émotion!

Le lendemain, dix nouveaux loupiots de 1re année m'attendaient. J'enseigne dans une classe à vocation musicale, dans un local avec deux pupitres et plusieurs tables, des coins de littératie et beaucoup de livres. Petit à petit, je m'approprie l'enseignement de la lecture avec le Continuum en lecture. J'adore mon nouveau milieu et j'apprends à connaître mes nouveaux élèves. Je sais qu'ils ont le deuil de leur enseignante à vivre.  Plusieurs fois par jour, j'entends : «Oui, mais d'habitude...». Je souris en me disant qu'à quelques km d'ici, il y a d'autres élèves qui utilisent ce mot: «d'habitude»... et je sais que très bientôt, nous aurons nos habitudes.

Nous n'avons pas de thème à exploiter encore. Je ne les connais pas assez. Mais à voir les dessins qu'ils font, je crois que ça se rapprochera du thème des monstres ou des personnages fantastiques. Une fillette a écrit sa phrase du jour qui parlait d'un loup-garou. Je l'ai questionnée: « Tu aimes les loups-garous?» Elle : «Oui, j'aime les films d'horreur!» Moi: «Les films d'horreur? À 6 ans, tu regardes des films d'horreur?» Devinez ce qu'elle m'a répondu? «Oh oui! J'ai regardé les trois premiers Harry Potter!»  Lorsque je lui ai avoué avoir lu tous les livres Harry Potter deux fois (en anglais et en français), elle m'a regardée en disant: «Wow!»

J'ai donné à mes élèves leur première mission: décorer un babillard de la bibliothèque pour souhaiter la bienvenue Benoît Laverdière, un illustrateur qui vient nous visiter la semaine prochaine. À voir à quel point ils se sont investis, je crois que cette fin d'année sera riche en découvertes et en apprentissages. 

Mes salutations à mes parents d'élèves qui me lisent secrètement! Vous avez mon adresse de courriel. Il me fera toujours plaisir d'avoir des nouvelles de mes petits cocos de Louiseville! 

samedi 21 janvier 2012

Xīn nián hǎo!

Le lundi, 23 janvier 2012, les Chinois célébreront leur Nouvel An et quitteront le lapin pour entrer dans l'année du Dragon d'eau. 

Lorsque j'enseigne à la maternelle, la Chine est un thème que j'adore exploiter. L'histoire de ce peuple est riche, les différences avec notre culture sont impressionnantes et captivantes pour les enfants: contes, musique, arts, architecture, Grande Muraille, langue, d'où vient le riz et la soie, inventions, Empereur... les possibilités de découvertes sont infinies et la thématique peut facilement s'échelonner sur plusieurs semaines. 

Avant de commencer la thématique, j'envoie une lettre aux parents leur expliquant que nous allons faire un voyage en Chine. Je leur donne un devoir: trouver, avec leurs enfants, des inventions qui nous viennent de Chine (cerf-volant, brouette, boussole, papier, imprimerie, poudre à canon, feux d'artifice...). Ce sera le sujet d'une causerie et les élèves sont fiers de nous présenter le résultat de leur recherche. Certains parents impriment des pages directement sur Internet, certains enfants dessinent les inventions trouvées et le parent écrit le nom. 

Au début de chaque journée, on fait le salue au soleil et l'avion, car on part en voyage (psychomotricité).

On travaille la motricité fine en s'amusant à faire semblant de manger avec des baguettes et de la pâte à modeler. Pourquoi ne pas faire une collation spéciale et tenter de la manger avec nos baguettes? Une année, une mère nous a apporté des fromages et des sushis pour s'amuser à manger avec des baguettes, lors de notre fête de fin de thématique. (oui, oui, les sushis, c'est Japonais, mais le riz c'est important en Chine)


Pour ce qui est des albums que je lis aux élèves, j'aime bien leur faire découvrir le conte d'Anderson "Le Rossignol", car l'histoire se déroule dans le Palais de l'Empereur chinois (sans doute le Palais d'été).

Sinon, mon auteur/illustrateur préféré est Chen Jiang Hong. C'est un artiste d'origine chinoise qui habite depuis de nombreuses années en France. Il conçoit certaines de ses illustrations selon la méthode traditionnelle chinoise avec de l'encre de Chine et sur du papier de riz. Selon moi, tous ses livres sont des chefs d'oeuvre. Et ses contes sont différents de ce que j'ai l'habitude de lire en classe. Tous mes élèves apprécient et ont l'impression d'être vraiment en voyage. Mes albums préférés sont Lian, Petit Aigle et Le petit tigre, pour ce groupe d'âge. Ils sont tous à découvrir... (Voir la façon dont il travaille ici - Ça vaut la peine!)


Une classe de France a repris Lian  pour en faire
un spectacle d'ombres chinoises.


Pour en connaître davantage sur la Chine et pour trouver les noms de vos élèves (ou enfants) calligraphie chinoise, je vous invite à visiter Chine-information ou Chine-Nouvelle


Julie

nǐ hǎo = Bonjour

zài jiàn = Au revoir

xiè xiè = Merci

samedi 14 janvier 2012

Une histoire collective écrite des deux côtés de l'Atlantique



Un peu avant la rentrée scolaire, une enseignante française, passionnée de littérature pour la jeunesse, a contacté une amie auteure pour lui demander si elle connaissait une enseignante québécoise voulant participer à un projet France-Québec. Par chance, Andrée-Anne a pensé à moi… (Merci encore!)

Lorsque Céline Méténier m’a exposé son idée d’écrire un album collectivement, j’ai tout de suite accepté. 

Dès la rentrée, j’ai expliqué à mes élèves que nous allions correspondre avec une classe de France. Ce qui a fasciné mes élèves, c’est la notion de fuseaux horaires. Par moments, alors que nous travaillions, un élève levait sa main pour me demander ce que faisaient nos amis au même moment. À 6 ans, c’est amusant de savoir que nos nouveaux amis dorment alors que nous, nous sommes à l’école. 

Étant donné que la rentrée scolaire débute plus tôt au Québec qu’en France, nous avons fait les premiers pas. Nous avons envoyé un courriel à l’enseignante pour nous présenter et lui demander si sa classe voulait bien correspondre avec nous. 

Peu de temps après, nous avons reçu une réponse positive : ils étaient emballés et avaient hâte de découvrir le Québec. Tout au long de l’automne, nous avons échangé des lettres et des photos par courriel. Les élèves m’aidaient à décoder les messages et me dictaient ce qu’ils voulaient écrire et enseigner à nos amis sur notre ville, Louiseville. Nous sommes même allés voir leur école à Désertines et les rues avoisinantes, sur Google Map. 

Au fil des semaines, leur intérêt pour la France d’abord, et maintenant pour les pays en général, s’est accru. Si bien que nous avons maintenant un coin des pays derrière le coin lecture (mais ça, c’est une autre histoire!) 

Nous apprenons une autre réalité, une autre façon de s’exprimer en français, de nouvelles expressions, du nouveau vocabulaire. À un moment, quelques élèves ont commencé à m’appeler « maîtresse Julie », car c’est de cette façon que nos correspondants s’adressent à leur enseignante, maîtresse Céline. Puis, ils ont appris que ce que nous appelons ici un « sac d’école » s’appelle un « cartable »; ce que nous appelons un « cartable » au Québec, c’est un « classeur » en France… 

David Roux, illustrateur - Selon une élève de Céline Méténier:
«Ça m'étonnerait qu'il s'appelle David Roux, il a les cheveux gris...»
Dans une de nos lettres, nous avons écrit que notre album préféré est « Lustucru le loup qui pue », le premier livre que j’ai lu au début de l’année. Céline a commandé l’album et l’a raconté à ses élèves. Sans trop le savoir, c’était le départ de notre beau projet. La classe de Désertines a reçu la visite de l’illustrateur David Roux. Il a dessiné le personnage inventé par nos amis Français, un petit loup qui accumule les gaffes : Sparadrap, le loup maladroit. 

La classe de Céline Méténier a écrit le début d’une histoire et nous a demandé de poursuivre et de compléter cet album. Avant de quitter pour le congé des Fêtes, nous avons envoyé notre courriel et l’histoire complète pour que nos amis la lisent à leur retour de vacances. Beaucoup, beaucoup de travail de la part de mes cocos de 6-7 ans, mais ils sont très fiers d’eux. 

Petite anecdote : Lorsque j’ai lu l’histoire pour la première fois, un garçon a levé sa main, et m’a demandé, impressionné : « Comment tu fais, madame Julie, pour lire quelque chose écrit avec un accent français? » 

Dès les premiers jours de janvier, nous avons entrepris d’illustrer notre album (une page par élève) en s'inspirant du personnage créé par David Roux pour en avoir chacun exemplaire. Nous laisserons un livre dans le coin lecture et un autre à la bibliothèque afin que les autres élèves de l’école puissent découvrir cette histoire amusante, le résultat d’une collaboration des deux côtés de l’Atlantique.

Sparadrap le loup maladroit
Illustré par David Roux, d'après les idées
des élèves de Céline Méténier (Désertines, France)


Merci à Céline et à tes élèves de nous faire vivre ces beaux projets!

jeudi 12 janvier 2012

La joie des livres

On ne peut pas faire ça avec une liseuse ou une tablette électroniques...




Créée par Sean Ohlenkamp et sa femme, avec l'aide d'une vingtaine de volontaires
à la librairie Type, à Toronto.

lundi 2 janvier 2012

Sommes-nous capables de percevoir la beauté?



L’histoire se déroule dans l’entrée d’une station de métro de Washington, au moment où les gens s’apprêtent à se rendre au travail, un bon matin de janvier. Un jeune homme s’installe avec son violon et pendant 45 minutes, il joue des pièces de Bach.

Plus de 1000 personnes marchent sans ralentir le pas, sans le regarder. À un moment, une dame s’arrête et prend le temps d’écouter. Autour d’elle, on peut compter sur les doigts d’une main le nombre de personnes qui laissent la beauté de cette musique remplir leur cœur. 

Au total, le jeune homme récoltera 32$, dont 20$ donnés par la seule dame qui vient lui parler. Elle l’a reconnu, l’unique personne à reconnaître Joshua Bell, un des grands violonistes américains de notre époque, venu jouer sur son Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars. Quelques jours plus tôt, il avait joué dans une salle à guichet fermé pour des spectateurs qui avaient déboursé 100$ par billet. 

Cette histoire a réellement eu lieu, dans le cadre d’une expérience dirigée par le Washington Post. Le journaliste a même eu le Prix Pullitzer 2008 pour son article. Sa conclusion : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l'apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? » 

Lorsque j’ai entendu parler de cette expérience, il y a quelque temps déjà, j’ai été intriguée et même quelque peu troublée. Me serais-je arrêtée? Aurais-je ouvert grand les oreilles et apprécié, même si j’avais continué ma route? 

Nous vivons dans un monde qui roule parfois trop rapidement. Pour 2012, je nous souhaite d’arriver à apprécier les petits bonheurs et les beautés du monde qui saupoudrent notre vie, peu importe le temps de la journée et les tracas qui tricotent notre quotidien. 

Bonne et heureuse année!




Source: Washington Post 2007