samedi 1 septembre 2012

Un visiteur... comme un livre d'histoire(s)



Je travaillais dans ma classe, fignolant les derniers détails afin que mon local et la planification de mes premières journées d’école soient prêts pour la rentrée, qui avait lieu le lendemain. Dans l’école, on pouvait entendre le son d’outils, car des ouvriers s’affairaient à compléter l’aménagement de notre belle école qui sentait encore « le neuf ». Une dernière journée pédagogique avant la rentrée officielle. La veille, nous avions reçu la première visite de nos élèves et de leurs parents, lors de la journée Portes ouvertes.  

Une journée encore à préparer cette rentrée. Et de nombreuses tâches à cocher sur la liste du travail à faire…

Vers la fin de l’avant-midi, un vieil homme est entré dans ma classe. Mon local est le premier qu’on peut apercevoir, tout près de l’entrée et du secrétariat. Cet homme avait profité du fait que les ouvriers avaient du matériel à transporter entre le camion garé devant la porte d’entrée et les locaux du deuxième étage pour se glisser dans l’école.


Lorsque je l’ai vu, regardant partout, je lui ai demandé :
-  Puis-je vous aider?
- Je prenais ma marche dans le quartier et j’étais curieux. C'est beau ici!
 Bonjour monsieur! Il faudrait passer voir la secrétaire avant de circuler dans l’école.


Madame Mireille retournait à son bureau au même moment.  L’homme hésitait. Sans doute savait-il qu’il ne pouvait pas être là.

- J’étais curieux. J’habite dans le quartier depuis 59 ans. J’ai vu cette école se bâtir. Mon ami était le directeur d’école. Je suis souvent venu ici. Ça a changé!

Et il a ajouté, avec le regard brillant de passion :

- J’ai travaillé dans le milieu de l’éducation pendant 35 ans. J’ai été enseignant pendant 20 ans et directeur d’une école secondaire pendant 15 ans. Je suis à la retraite depuis 34 ans.


Cet homme devant moi m’a émue. Il avait passé une partie de sa vie dans nos écoles de la commission scolaire. La page était tournée, il savait qu’il ne devait pas être là, mais cette ouverture d’école l’avait replongé dans ses souvenirs, souvenirs qu’il voulait sans doute revivre, l’espace d’un moment.

http://www.photo-de-classe.com 1960-1961
Je me suis approchée de lui, je lui ai serré la main et je lui ai proposé une visite des lieux. Nous sommes entrés dans chacun des locaux, et parfois, je lui présentais mes collègues. Il me questionnait sur les tableaux interactifs, me parlait de sa carrière, de ses écoles, dont celle qui avait brûlé alors qu’il était directeur, l’obligeant à changer de lieu de travail et à devenir l’adjoint ce celui qui était, quelques années plus tôt, son adjoint. Il s’extasiait sur la façon dont les pupitres étaient placés (en équipes de quatre), comparant à « son temps » :

-  Les élèves peuvent travailler en équipe. C’est bien! Dans mon temps, on ne pouvait pas faire ça, car les pupitres étaient vissés au sol.  


Au gymnage, il m’a expliqué qu’autrefois, il n’y avait pas de plancher comme maintenant. Le gymnase n’existait pas, c’était plutôt une salle de récréation.
-  Les jeunes avaient besoin d’un endroit où passer la récréation quand il pleuvait.


En circulant dans cette école fraîchement peinte et rénovée, je revivais un pan de son histoire. Le tour de l’école complété, j’ai accompagné le vieil homme à l’entrée. Devant le secrétariat, il m’a demandé si le directeur était présent.

-  Allons voir! lui ai-je dit.

En chemin, je lui ai présenté la secrétaire. J’ai cogné au bureau de mon directeur et lui ai expliqué que j’aimerais lui présenter quelqu’un. Lorsque l’homme est entré, il s’est présenté lui-même.

J’ai regardé, les yeux humides, l’échange entre ces deux directeurs, séparés par deux générations, mais unis par cette même passion qui les anime.

Lorsque le vieil homme a continué sa promenade dans le quartier, mon cerveau roulait comme un hamster dans sa roue. Dans plusieurs années, lorsque je serai à la retraite, est-ce qu’une jeune enseignante acceptera de me replonger dans mon passé de prof, ma passion? De me voir comme une collègue au lieu de simplement me voir comme une personne âgée? Ces nombreuses personnes qui nous entourent ont un passé, elles sont une richesse pour nous, des livres d’histoire(s) vivants. Est-ce que notre société en prend soin comme elles le méritent?   

samedi 25 août 2012

Deux auteures jeunesse dans le désert



En octobre prochain, deux sympathiques et colorées auteures, Katia Canciani et Annie Groovie, relèveront tout un défi : parcourir le désert du Maroc lors de la 12e édition du Trophée Roses des Sables

Annie Groovie et Katia Canciani
Quel modèle d'esprit d'équipe, de persévérance et de rêve accompli, n'est-ce pas? C'est pourquoi, avec mes élèves, nous suivrons leur périple. Avant leur départ, nous écrirons aux deux auteures pour leur souhaiter bonne chance. De plus, nous découvrirons leurs livres. Katia Canciani a écrit de nombreux livres pour tous les groupes d'âge. Annie Groovie est la créatrice du célèbre Léon, ce drôle de cyclope. Nous découvrirons également le Maroc, ses habitants, ses coutumes...

Imaginez toutes les situations d'apprentissage diverses que peuvent vivre nos élèves en lien avec cette aventure? En plus, les deux auteures sont dans le répertoire "Écrivains à l'école". Pourquoi ne pas inviter une auteure dont on a suivi le périple?

Un enseignant qui désire un système d'émulation par équipe pourrait même faire avancer les 4X4 dans un désert (fabriqué grâce à un carton jaune). 

Entraide et solidarité

Mais avant, un premier défi pour nos deux auteures dynamiques: ramasser les fonds nécessaires pour participer. C'est que le rallye "Roses des Sables" est fier de soutenir la cause "Enfants du désert", qui aide les enfants et leurs familles des régions reculées du désert. 

J'invite les enseignantes qui désirent vivre cette aventure avec leurs élèves de donner 5$ sur la page Indigogo des deux auteures. 

Mais il y a mieux! De nombreux illustrateurs, bédéistes et caricaturistes ont donné pour la cause des originaux. Vous rêvez d'avoir une oeuvre originale d'un de nos talentueux illustrateurs? Ce mardi, 28 août aura lieu un Encan silencieux au Café l'Artère, à Montréal.  Parmi les artistes participant, notons Fil et Julie, Michel Rabagliati, Philippe Béha, Yayo...

Pour tous les renseignements sur l'Encan silencieux, je vous invite à visiter la page Facebook de l'événement

En terminant, je souhaite la meilleure des chances à Katia et Annie! Vous avez toute mon admiration, les filles! 


lundi 20 août 2012

Comme un gros club de lecture virtuel


L’an passé, j’avais consacré un billet à un livre marquant de mon enfance (Clément Aplati ou Flat Stanley en anglais) et à un projet international y étant rattaché. Dernièrement, j’ai découvert un autre projet tout aussi rassembleur pour les classes du primaire francophones ou d’immersion française. Un projet alliant la littératie à l’informatique et ayant pour but de transmettre le plaisir de lire, tel un club de lecture global. Il s’agit de Écouter Lire le Monde 2012 créé par François Bourdon inspiré du Global Read Aloud Project.

Cet automne, les classes participantes s’intéresseront au même livre à peu près en même temps. L’enseignante lira à voix haute le roman choisi à ses élèves à raison de quelques chapitres par semaine. La classe échangera ensuite avec les autres classes participantes de la façon qu’elle le désire : Twitter, blogue, Skype, vidéo, romans-photos ou autre projet réalisé à partager sur la page Wiki du projet… Les possibilités sont infinies. Un projet clé en main gratuit!

Parmi les livres retenus, il y a mon roman Un spectacle pour Morgane. Tous ceux (classes, services de garde...) qui désirent s’inscrire peuvent le faire sur le site du projet et voter pour le livre qu’ils aimeraient exploiter dans l'édition 2012. 


jeudi 16 août 2012

Sur la ligne de départ...

J'ai eu plusieurs idées de billets pour mon blogue cet été... que j'ai notées pour plus tard!
Après une absence temporaire, je suis prête à vous retrouver, chers lecteurs et amis blogueurs .

Les vacances achèvent et je me sens comme Usain Bolt sur la ligne de départ. Bon, peut-être pas aussi confiant que lui, mais j'ai hâte que le coup de feu annonçant le début de l'année scolaire soit tiré. J'ai hâte que mon directeur nous écrive pour nous annoncer qu'on peut visiter notre local.

Cet été, pas de gros voyage, pas de dépenses folles, la vie qui a suivi son fleuve tranquille: du bénévolat pour une troupe qui a présenté une comédie musicale, quelques jours au Massachussetts, quelques jours en Outaouais, des visites à Québec ou à Montréal, mais surtout du temps pour lire, des romans et des "trucs d'école", écrire un peu et pour faire la grasse matinée.

Pourquoi cette presse à retourner à l'école? Après 8 ans à me promener d'une école à l'autre, d'un niveau à l'autre, à savoir dans quelle école je travaillerai quelques jours seulement avant la rentrée, cette année, c'est différent: j'ai mon poste à la maternelle! Youppidoudelailledou!

Depuis le mois d'avril, mon équipe-école travaille fort pour cette rentrée, car nous ouvrons une toute nouvelle école, une école d'éducation internationale. C'est un beau défi qui nous attend! Ressentez-vous cette fébrilité dans l'air?

D'ici quelques jours, j'irai dans ce bâtiment pour voir toutes les transformations qu'on y a apportées, les murs fraîchement peints (avec les couleurs que j'ai choisies), défaire des boîtes, ranger, photocopier et plastifier, préparer la journée portes ouvertes, la rencontre des parents, l'accueil des élèves, mes premières journées... *respire dans un sac de papier kraft*

Aujourd'hui, j'avoue que j'aimerais bien me faire clôner!

mardi 3 juillet 2012

Pour la fête d'un enfant...



Dernièrement, un ami libraire m'a raconté cette anecdote:

Hier soir, à la librairie, un couple me demande des suggestiions de lecture pour une fillette de 9 ans et demi (on insiste sur le "et demi"). Elle a lu les Geronimo Stilton, les Téa Sisters, les Gaïg, les Celtina, etc. Aussi, les parents veulent-ils quelque chose de plus "terre à terre". Je suggère "Un spectacle pour Morgane" et je raconte brièvement l'histoire à la maman. Elle part à rire et me dit : "C'est pour sa fête de 10 ans et elle nous a demandé des billets pour le concert de MixMania! C'est parfait!"

Cela m'a rappelé qu'il y a quelques mois, la journaliste, blogueuse et auteure Nadine Deschenaux a écrit un article très intéressant, suggérant des idées de cadeaux pour une fête d'enfant. Mon livre Un spectacle pour Morgane s'y trouve.

Lux, non?



mercredi 27 juin 2012

Après la pluie, le beau temps...



Ma dernière journée de travail à cette école.
Dehors, un ciel gris se vide de toute sa tristesse. 
Dans ma tête et dans mon cœur, un mélange d’émotions. De la joie de me savoir en vacances. Enfin. De la peine de perdre une si belle équipe. Encore. Car malgré mes nombreuses années de précarité, s’il y a quelque chose dont je ne m’habitue pas, c’est de quitter des élèves et des collègues avec qui j’ai partagé de beaux moments. Chaque année, c’est le même refrain. Des « Au revoir », de l’incertitude pour le prochain mois de septembre et surtout de l’espoir de travailler à nouveau avec ces personnes ou, au moins, une gang tout aussi aimable. Et chaque année, je découvre des êtres exceptionnels.

Après une matinée à ranger, à placer les meubles en îlots et à coller des sacs de vidanges devant les armoires pour empêcher la poussière d’entrer (même si la poussière arrive quand même à s’incruster partout, pendant l’été), je parcours une dernière fois les corridors pour donner une accolade à mes collègues: « Bon été! »… « Bonne chance dans tes nouveaux projets! »… « Bon voyage en Afrique! »… « On reste en contact! »

Je pars ensuite dîner avec des collègues. C’est la fin, je ne suis pas prête, alors je la prolonge. Attablés, nous rions aux éclats en nous remémorant quelques anecdotes s’étant déroulées au cours des derniers mois. Puis, de retour à l’école, je remets les clés au secrétariat. Une dernière accolade à madame Lisette, cette secrétaire qui nous accueille chaque matin avec son sourire ensoleillé. Aujourd’hui, ce dernier sourire est un peu triste.

Je reprends mon baluchon de souvenirs et je quitte l’école Saint-François d’Assise. Pour de bon. Dehors, un ciel bleu, un soleil qui me sourit. L’avenir est plein d’espoir. Demain, je rejoins mes nouveaux collègues. Des collègues que j’aime déjà. Nous préparerons la rentrée du mois d’août. Pour la première fois, je sais où je m’en vais : dans une école aux murs fraîchement peints, prête à accueillir de nouveaux élèves, de nouveaux défis, de nouveaux souvenirs. 



Danilo Rizzuti - freedigitalphotos.net


mardi 12 juin 2012

Lire dans des endroits inusités…



Chaque jour, la lecture interactive (lecture à voix haute faite par l’enseignante) est intégrée à mon horaire. Je m’installe sur la chaise berçante et mes élèves s’assoient devant moi, dans le coin lecture.  Ce moment précieux fait partie de nos routines, habituellement en après-midi. Pour plusieurs élèves, c’est également leur moment préféré de la journée.

J’aime parfois surprendre mes élèves, que ce soit avec un accessoire qui ajoute un petit plus à l’histoire ou la participation d’élèves à l’animation du livre. Aujourd’hui, je leur ai plutôt proposé d’aller à l’extérieur. Étant donné que Monsieur Météo prédisait de la pluie en après-midi, on n’a pas pris de chance : on est sorti en matinée, un peu avant la récréation.


- Où voulez-vous aller? Leur ai-je demandé. Là bas, à l’ombre, près de l’arbre, peut-être?.

Spontanément, plusieurs élèves ont suggéré le module de jeux extérieurs.


- Est-ce qu’on peut tous s’y assoir? Essayons…

J’ai la chance inouïe d’avoir seulement 10 élèves.  Ils ont bien ri de voir leur enseignante grimper dans le module, son livre sous le bras. Sur le module, tout le monde était un peu à l’étroit, mais ils étaient si contents que personne n’a soulevé un quelconque inconfort. Pour ma part, debout et les fesses accotées sur une clôture métallique, le livre au dessus de la tête des élèves, je me suis assurée que tous mes cocos étaient installés de façon sécuritaire (car la « madame » est un peu « prof poule »), et j’ai commencé ma lecture animée de Edmond, l’affreux raton...

Après avoir fait un retour sur l’histoire, je leur ai souhaité à tous une « bonne récréation ». Alors que mes élèves et moi glissions pour descendre du module, la cloche a retenti. Au parfait moment.

Allons-nous retourner lire une histoire dans ce module? Je ne crois pas. Ce n’était pas très confortable. Mais l’expérience a été intéressante, les élèves étaient souriants et je suis certaine qu’ils se souviendront de ce moment. Cependant, d’ici la fin de l’année scolaire, c’est certain que nous retournerons dehors pour notre moment précieux. Là bas, à l’ombre, près de l’arbre, peut-être?



dimanche 3 juin 2012

Rebecca Dautremer à Québec, prise 2



« Mieux vaut tard que jamais», à ce qu’on dit. En vrac, des petits morceaux de la causerie organisée par la librairie Pantoute qui a eu lieu au Morrin Center, à Québec.

Rebecca Dautremer travaille chez elle, à Paris, et collabore souvent avec son mari, l’auteur Taï-Marc Le Thanh. Ils ont trois enfants. L’été, elle retourne dans sa région natale. 


Sa jeunesse

Rebecca Dautremer a grandi à Gap, une ville de 30 000 habitants des Hautes-Alpes. Jeune, elle n’avait pas la télévision. Lorsque sa famille s’en est procuré une, les enfants n’avaient pas le droit de la regarder. Elle a commencé à dessiner très jeune et dessinait souvent, dans les agendas de l’année précédente que son père lui récupérait.

Ses études et ses influences

Elle a fait ses études à Paris, aux Arts décoratifs. L’illustration était assez dénigrée à l’école. L’expression populaire, lorsqu’elle disait vouloir se spécialiser en illustration était : « Tu vas dessiner des petits Mickey! ». Plusieurs années plus tard, elle a trouvé un vieux Mickey Mouse qu’elle a mis sous une cloche de verre dans son salon afin de se souvenir de « l’encouragement » de ses professeurs.

Elle a suivi des cours de graphisme et c’est à cette époque qu’elle a découvert une passion pour la photographie. Elle nous a raconté que les étudiants en illustrations avaient tellement peur de faire niais, de faire des choses gentilles, qu’il fallait qu’ils fassent des choses bizarres, gore. Elle a fait son diplôme sur « la représentation de l’intérieur du corps ».


L’influence de la photographie et du cinéma sont très présents dans son travail. Depuis L’Amoureux, avant de travailler sur une illustration, elle place les éléments (dans sa tête) et les met en scène, fait comme si elle avait un appareil-photo en tournant mentalement autour de la scène, déplace des éléments, pour prendre la meilleure prise de vue (plongée, contre-plongée), fait le cadrage, ajuste l’éclairage.

Pour la création d’un livre contenant un nombre considérable de pages, elle crée d’abord ce qui ressemble à un « story-board ». Sa formation de graphiste fait en sorte qu’elle s’intéresse à l’ensemble du livre, à toutes les compositions de toutes les pages.

Sa technique

Elle travaille à la gouache sur du papier aquarelle (qui sent le poisson). Pour elle, quand les gens développent un style, c’est parce qu’ils se contentent de faire ce qu’ils savent faire.

Elle ne s’oblige pas de rester fidèle à la réalité. Pour Cyrano, elle a préféré inventer, et a puisé son inspiration de la culture japonaise (les vêtements) et la culture maori (le nez tatoué de Cyrano).

Depuis le succès des Princesses inconnues, elle peut faire davantage de livres où elle a carte blanche, comme dans Le grand courant d’air. Plus l’histoire avance, plus elle voulait que le livre ait l’air abimé. Elle a ajouté de la poussière, des cheveux, du pain au chocolat… jusqu’à la fin où un grand courant d’air passe par la fenêtre, que les parents reviennent et que la vie retrouve son calme.

Pour le journal secret du Petit Poucet, elle s’est amusée à expérimenter. En plus de la gouache, on retrouve du crayonné, du collage, de la gravure…. Elle voulait qu’on ait l’impression que le livre avait été trimballé par un enfant. Ainsi, la couverture a été déchirée et recollée, certaines pages ont subi l’assaut de différents produits (comme du yogourt). 


Nous avons sourcillé…         

Sur la question de l’échec, Rebecca Dautremer a répondu : « C’est tellement dur être illustrateur, l’échec, c’est la norme! Quand on arrive à produire un livre qui se retrouvera, ne serait-ce que deux semaines sur les tablettes des librairies, c’est déjà un succès.».  Et d’ajouter : « Si je vends un livre QUE à 5000 exemplaires, ben, c’est déjà bien. » J

Ses présents projets:
  • Elle travaille sur un projet d'histoires de la Bible, avec Philippe Lechermeier (avec qui elle a collaboré, entre autres, sur les Princesses et le Journal secret du Petit Poucet) 
  • Le théâtre Amstramgram de Genèse l’a engagée pour faire la décoration de l’entrée. Elle fait des sculptures d’oiseaux en bois et en papier . 
  • Taï-Marc Le Thanh et Rebecca feront toutes les étapes d’un nouveau film d’animation (elle avait déjà participé à la création du film Kerity, la maison des contes, qui est sorti en 2009). Présentement, ils terminent le scénario d’un film inspiré de leur album Elvis. 
  • Un groupe hip-hop lui a demandé d’illustrer la couverture de leur nouveau CD.
  • Elle illustrera un album pour adulte qui est une adaptation du roman Soie, d’Alessandro Baricco.

jeudi 24 mai 2012

Causerie avec Rebecca Dautremer à Québec


Samedi dernier, la librairie Pantoute, à Québec, nous a offert un magnifique cadeau: une causerie avec l'illustre illustratrice française Rebecca Dautremer. La rencontre a eu lieu au Morrin Center, à deux pas de la librairie. Cette grande artiste de 40 ans compte parmi mes illustrateurs préférés depuis mes années universitaires, l'époque où j'ai découvert la littérature jeunesse.

Comme toute groupie qui se respecte, je suis arrivée à l'avance. Avec mon copain, nous étions les premiers. Puis, un à un, les autres auditeurs sont arrivés. Il y avait de nombreux illustrateurs ou graphistes, tous semblaient très bien connaître  et admirer le travail de Rebecca Dautremer. 

Juste avant l'heure de la rencontre, j'ai fait un saut à la toilette. En y sortant, je suis tombée nez à nez avec Rebecca Dautremer, qui arrivait à peine. J'ai eu le grand honneur de la diriger vers la salle de la causerie, au deuxième étage, et d'échanger quelques mots avec elle (elle m'a entre autre fait remarquer que nous étions dans une ancienne prison pour femmes).

La causerie, un mot qui a fait sourire notre invitée, a été animée par Catherine Lachaussée. Les auditeurs étaient conviés à participer, à poser leurs questions. Je ne saurais dire combien nous étions, sans doute une cinquantaine (peut-être un peu plus). Tous les gens présents étaient souriants et conscients de la chance d'avoir cette grande dame talentueuse devant nous, pourtant très modeste et critique envers son travail. Nous avons admiré les originaux qu'elle a apportés et étions épatés par son talent, mais aussi par les risques qu'elle prend afin de parfaire son art. Si je vous disais qu'elle a utilisé du yogourt et de la poussière pour créer le « journal secret du Petit Poucet »?

Elle a commencé la rencontre en nous présentant, sur son ordinateur branché sur un projecteur, des photos de son coin de pays. Elle habite Paris, mais l'été, elle s'enferme dans la maison d'un de ses frères, sur le bord d'un lac entouré de montagnes, pour travailler des heures et des heures afin que le livre soit près à temps. 

Par la suite, elle nous a présenté des illustrations faites alors qu'elle n'était encore qu'une enfant, des personnages, mais aussi une page pleine de pieds, car selon l'enfant qu'elle était, elle avait un talent certain pour dessiner les pieds. Puis elle a parlé de ses études, alors qu'elle voulait déjà faire dans le jeunesse et qu'elle se faisait dire qu'elle allait faire « des Mickey Mouse », de son premier livre illustré en terminant les études (un album à colorier), de son parcours, de ses influences, de ses projets présents et futurs... 

Dans un prochain billet, je ferai un retour sur des anecdotes pêle-mêle que j'ai retenues de la rencontre et de la suite, la séance de dédicaces à la librairie Pantoute. J'en profite pour remercier chaleureusement Dominique Caron, libraire passionnée qui a permis à cette causerie d'avoir lieu.




vendredi 4 mai 2012

Morgane dans le Resource Links Magazine



J'ai vécu un moment chocolat, comme dirait mon amie Katia.

Un moment chocolat, c'est lorsqu'on a une bonne nouvelle, qu'on vit un petit bonheur qui fait l'effet d'une tape dans le dos, d'un sourire ou qu'on désire célébrer (en savourant un chocolat).

Hier, mon éditeur m'a envoyé un courriel. Mon premier roman Un spectacle pour Morgane a paru dans le magazine canadien anglais Resource Links, qui vise les établissements d'éducation et les bibliothèques d'un océan à l'autre. On y recense des livres en anglais, surtout, mais il y a une petite section pour les livres francophones. Après tout, il y a de nombreuses écoles francophones ou d'immersion française partout au Canada.

Après un résumé du roman, on peut lire:

Un spectacle pour Morgane is an excellent novel for primary readers since the 71 pages are divided into 8 chapters plus an epilogue. The print is large, there is plenty of white space and the illustrations of Eric Peladeau add to both comprehension and humour. This is Julie Pellerin's first novel. She creates a cast of lovable characters and seems able to understand both their motives and their emotions very well. She handles them with sensitivity as well as a sense of humour. Students who read this novel will no doubt hope that Pellerin continues with more of Morgane's adventures in subsequent books. 
  
                  (Ann Ketcheson, Resource Links 2011)



Ça mérite un délicieux chocolat, non?

http://www.mageekstore.com/332-bloc-notes-chocolat.html